Facebook au bureau : du temps en moins pour les salariés ?

FacebookAlors qu’une enquête KPMG International montre que 70 % des entreprises sont désormais actives sur les réseaux sociaux et que l’utilisation de Facebook au travail se répand, se pose la question de la productivité ou de la contre-productivité de cet usage pour les salariés ?

La problématique de la « Génération Y »

La « Génération Y » correspond aux jeunes travailleurs : âgés de moins de 35 ans, ces jeunes ont évolué avec internet et l’apparition des réseaux sociaux. Souvent un casse-tête pour les DRH, leurs codes de conduite en entreprise sont différents.

Contrairement à leurs prédécesseurs, la frontière entre leur vie professionnelle et leur vie privée est souvent étroite : ainsi, ils n’hésitent pas à répondre à leurs courriels professionnels en pleine nuit, à promouvoir leur entreprise sur Twitter après 21h, mais encore moins à chatter avec leurs amis pendant les heures de travail.

Bien qu’ils soient considérés comme très créatifs, la littérature n’hésite pas à dépeindre cette génération comme contestataire de l’autorité et de la hiérarchie, pouvant alors poser un problème aux DRH. Peut-être vous demandez-vous pourquoi ne pas tout simplement leur interdire Facebook et ainsi leur imposer le code de conduite de l’entreprise ? Pas si facile…

Interdire Facebook ? Oubliez, ça ne sert à rien !

L’enquête de KPMG nous indique que près de 30% des entreprises bloqueraient ou limiteraient l’accès à Facebook à leurs employés.

Quand une autre enquête (Cegos) montre que, dans le même temps, 61% des salariés utiliseraient le réseau social pendant leurs heures de travail en France, devenant ainsi le site le plus fréquenté au bureau, cela peut laisser songeur.

Pour autant, en interdire l’usage s’avère souvent inefficace voire inutile ; voici pourquoi :

  •  Se connecter via son smartphone ou sa tablette personnelle est désormais très facile,
  • Si certains peuvent se permettre une pause cigarette, pourquoi d’autres ne pourraient pas avoir leur « pause Facebook » ?,
  • 1/3 des 18-24 ans assurent qu’ils démissionneraient si Facebook leur était interdit au bureau,
  • Certains navigateurs (Mozilla Firefox et Google Chrome) ont même inventé des extensions permettant de cacher une fenêtre lorsque votre responsable passe derrière votre écran (Boss Key et Boss Button).

Bref, interdire Facebook semble vain : un « connecté » réussira toujours à s’y connecter ; un tiers des collaborateurs contourneraient même l’interdiction pour satisfaire leur plaisir. Par contre, contrairement à ce que vous pourriez penser, utiliser le réseau social au bureau pourrait même s’avérer… productif.

Facebook, un moteur pour l’entreprise

Bien entendu, l’utilisation du réseau social au travail ne doit pas être abusive et le salarié doit pouvoir réaliser les tâches qui lui sont imputées. Mais un usage à bon escient peut s’avérer très intéressant pour l’entreprise :

  •  Les employés ont un niveau de satisfaction au travail supérieur lorsque l’accès aux réseaux sociaux est autorisé (63% contre 41%),
  • Presque 80% des entreprises ont constaté des impacts positifs (attractivité, développement des relations…) dans l’usage des réseaux sociaux
  • Lorsque les employés ont reçu une formation à l’usage des réseaux sociaux de la part de leur entreprise, 57% sont susceptibles de diffuser des messages positifs sur celle-ci (contre 36% des employés non formés)

Laisser une pause à vos salariés pour qu’ils se détendent sur Facebook s’avère donc positif et leur créativité n’en est que renforcée. N’hésitez cependant pas à les former à un usage bienveillant des réseaux sociaux, ils pourraient même diffuser des messages positifs à leurs réseaux.

Attention toutefois, le « boss bashing » reste totalement illégal, même en cas de « mur » réservé à ses amis. Ainsi, si un employé vient à dénigrer son patron, il peut être poursuivi en justice ; ce fut notamment le cas d’un salarié qui a dû verser 500 € de dommages et intérêts à son boss après l’avoir insulté sur le réseau social.

Thibaud WALTER, étudiant en Master 2 Economie Sociale et Solidaire, sous la coordination de Stéphane FAUVY, professeur associé en GRH à l’ESSCA.

Sources :

 

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Auteur : Laure.P

9 Commentaires

  1. Bonjour,
    étudiante en formation continue à l’ESSCA, bien plus âgée que vous (ce sont mes cinq enfants de 16 à 25 ans qui font partie de la génération Y), je me permets de réagir à votre billet : je travaille dans une entreprise qui bloque l’accès à Facebook , ainsi qu’à de nombreux autres sites, et je trouve cela normal. En effet, surfer sur Internet nous incite à nous disperser et à perdre de vue l’objet de notre présence au bureau : notre métier, notre emploi pour lequel nous sommes rémunérés.
    En outre, une « pause cigarette + café » de 10 minutes (temps courant de pause autorisé, deux fois par jour, si je ne m’abuse) sera toujours beaucoup plus courte qu’une « pause Facebook » : on sait quand cela commence mais rarement quand cela finit, surtout si on va sur les murs de relations non professionnelles. Et c’est se leurrer, ou se donner bonne conscience, que croire que ces « pauses réseaux sociaux » remplacent les « pauses cigarette » car elles ne font en fait que s’ajouter aux nécessaires « pauses café tout court ».
    Enfin, j’ai entendu dire qu’en une semaine, nous ne travaillerions « vraiment » que deux jours en moyenne, le reste du temps étant essentiellement consacré à nous synchroniser avec nos collègues, à gérer nos mails et à faire des recherches sur le Web. Cela laisse rêveur, non ? N’y aurait-il pas des priorités à rétablir ?

    Cordialement,
    AB BLANC

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    • Bonjour,

      Merci de nous avoir fait partager votre point de vue.

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  2. AB Blanc, je me permets de réagir à votre commentaire.
    Je serai en effet moins catégorique que vous sur l’accès aux réseaux sociaux durant les journées de travail.

    Dans un environnement professionnel où l’on nous demande aujourd’hui d’être plus performant et plus à l’écoute du marché, des concurrents, de nouvelles opportunités…
    Ne pensez-vous pas que l’accès au réseaux sociaux permet:

    – de faire de la veille ?
    – de prendre contact avec des relations professionnelles ?
    – d’interroger des connaissances sur une thématique donnée ?

    En effet, il est aujourd’hui évident qu’une recherche sur Internet (Google, Wikipedia…) soit devenu un réflexe pour la majorité des internautes.
    Cependant, s’appuyer sur des sources sûres de son entourage permet également d’aller piocher les bonnes informations là où elles se trouvent. Et bien souvent, elles sont aujourd’hui sur Facebook, Twitter ou LinkedIn.

    Alors d’accord, évitons les dérives qui amèneraient les salariés à ne commenter que les albums photos de leurs amis, mais ne nous coupons pas d’informations et de bonnes pratiques que peuvent nous procurer les réseaux sociaux.

    Cdt,

    Pierre

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  3. Je ne vais pas déroger au principe, puisque les réseaux sociaux d’entreprise sortent de mon champ d’action habituel et qu’USEO publie un benchmark déjà remarquablement nourri : « Réseaux Sociaux d’Entreprise : une évolution culturelle en marche, étude des usages, des solutions et des changements induits ».

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  4. Pour éviter un usage abusif, il a été proposé par le cabinet Proskauer l’adoption par les entreprises d’une charte spécifique sur l’utilisation des réseaux sociaux par les salariés. Selon Maître Cécile Martin, avocat du cabinet « il est important que les salariés soient informés et même formés à l’utilisation de ces réseaux, qu’ils connaissent l’usage qu’ils peuvent en faire et les risques qu’ils encourent en cas d’abus de leur part ».Etant précisé que les entreprises ont la possibilité de contrôler l’usage que les salariés font en respectant certaines conditions de manière à rendre le contrôle licite.

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  5. Personnellement, j’ai décidé de réserver l’utilisation de Facebook pour mes loisirs, mais il semble qu’utiliser ce réseau social pendant ses heures de travail soit devenu monnaie courante et augmenterait même la productivité ! Une récente étude, menée par l’université de Melbourne en Australie, affirme que les personnes consultant des sites Web comme Facebook ou YouTube sur le lieu de travail sont 9 % plus productives que leurs collègues qui ne le font pas, tant que cette récréation reste dans les limites du raisonnable. Sur les 300 personnes interrogées, 70 % ont reconnu surfer sur les réseaux sociaux au travail. Un moyen d’accorder une pause salutaire à leur cerveau surchauffé pour mieux s’atteler à leurs tâches par la suite.

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  6. La loi française est claire : divulguer des informations confidentielles à propos de sa société, ou encore discriminer sa propre société, est une faute lourde, passible du licenciement sans aucune indemnité. A partir de là… alors, certains diront que la liberté d’expression devrait permettre ce genre de chose. Ce serait alors bien le foutoir ! Un employeur tient à l’image de son entreprise. Il est normal qu’il ne veuille pas que ses employés la discriminent à tout bout de champs. Qui n’a jamais voulu dire du mal publiquement de sa sociétée lorsque cela ne va pas ? Il faut savoir retenir sa langue. Ou alors, nous pouvons le faire, mais anonymement. Il y a de nombreuses personne qui critiquent poliement leur entreprise, sans tomber dans la diffamation ou la grossièreté, sous des pseudos qui ne laissent rien deviner de leur identité. Elles ne laissent pas non plus entrevoir qu’elles en savent long sur la boîte, afin que les autres membres ne puissent pas deviner que celle-ci est, justement, un employé de celle-ci. Mais Facebook est LE piège par excellence dans lequel un employé peut tomber. Il est facile, sur ce réseau social, de dévoiler son identité et de tomber dans la discrimination de sa propre société, ou encore, de donner des informations qui devraient rester privée. Facebook confirme, une fois de plus, qu’il est un piège à cons ! Quand à utiliser les réseaux sociaux pendant ses heures de travail, cela reste impardonnable à mes yeux !!! Qu’est-ce que va foutre un employé sur un réseau social pendant ses heures de travail ? Passer son temps ? Certainement ! Je ne pense pas que son patron le paie pour glander ! Pendant ses heures de travail, on travaille, justement, quand bien même on apprécie pas son travail ! Plus généralement, pendant les heures de travail, Internet doit servir la cause de l’entreprise, ce doit l’outil de travail de l’entreprise, et pas le passe-temps des l’employés !

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  7. Comme eux, beaucoup d’autres jeunes, parfois même des voisins de palier, des collègues de bureau ou des camarades de classe passent des heures devant leur ordinateur ou sur leur téléphone portable à échanger des photos, à se raconter des histoires alors qu’ils pourraient aussi bien le faire autour d’un café ou d’un thé. Ce qui donne l’impression qu’à cause des réseaux sociaux, ils sont coupés du monde extérieur.

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  8. Vos nombreuses réactions nous montrent que l’utilisation de Facebook est un sujet très sensible en entreprise. Merci pour vos réactions.

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