Comment optimiser le bonheur au travail ?

I love my workEtre heureux au travail est aujourd’hui au centre des préoccupations. Cette recherche du bonheur engendre la rédaction de nombreux articles et livres, qui se décrivent comme des guides à cette quête du plaisir, « du bonheur tout en travaillant ».

L’employeur, mais aussi le salarié, se retrouvent alors tout deux perdus dans cette marée de conseils, de techniques, de méthodes. Quelles sont donc les bonnes méthodes à adopter par l’employeur pour rendre son salarié heureux ?

Pour commencer, nous pouvons nous demander pourquoi accordons-nous tant d’importance au bonheur des salariés ces derniers temps ? Pourquoi un tel engouement autour de cette « soif de bonheur » ?

En réalité, il a été prouvé scientifiquement qu’un salarié heureux serait un salarié plus performant dans son travail. En effet, selon la Fabrique Spinoza (« Think-tank du bonheur citoyen »), seulement 5 % des études scientifiques démontrent une corrélation négative entre le bonheur et le travail.

De même, Shawn Achor, auteur et éducateur réputé aux Etats-Unis, démontre dans son livre « The Happiness Advantage » qu’il existe une corrélation fortement positive entre le bonheur d’un salarié et sa performance commerciale, sa contribution économique pour son entreprise.

Par ailleurs, l’Institut Gallup, dans son étude sur l’engagement au travail, prouve (en moyenne) que :

  • Seulement 9 % des Français interrogés sont engagés dans leur travail, c’est-à-dire qu’ils sont motivés et proactifs dans leurs tâches,
  • 65 % sont désengagés, c’est-à-dire qu’ils sont totalement démotivées,
  • 26 % sont activement désengagés, ils ont un comportement totalement hostile au travail.

Les personnes désengagées représentent donc au total 91 % des Français interrogés et l’institut Gallup a évalué le coût de ce désengagement à 300 milliards de dollars par an dans les entreprises américaines. Ce montant doit être tout autant élevé dans les entreprises françaises.

Les évolutions technologiques et les bouleversements économiques influent sur l’importance de l’enjeu qu’est le bonheur au travail et les employés ont un rapport différent envers leur travail.
Il est aujourd’hui primordial pour les entreprises de considérer le bonheur de ses salariés comme une valeur positive pour la performance économique et non plus “simplement exploiter les compétences des employés” comme l’affirme Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer de la SPF Sécurité Sociale (Belgique). Il est donc certain que le bonheur au travail est aujourd’hui un enjeu important pour les entreprises si elles souhaitent accroître leur performance et la pérenniser.

Peut-on enseigner le bonheur en entreprise ?

« Enseigner » est un terme fort mais non dépourvu de sens ici car l’un des moyens pour favoriser le bonheur au travail est d’investir dans le bonheur des employés en tant que personne. Il ne s’agit pas de s’immiscer dans leur vie privée mais de leur proposer des programmes d’évolution personnelle. Il est difficile d’analyser le bonheur car c’est une notion abstraite difficile à mesurer et peu d’études scientifique ont étés réalisées afin de justifier leur pertinence.

Il est tout de même possible de s’appuyer sur trois méthodes qui ont fait l’objet d’études concluantes, à savoir :

  • Leadership transformationnel : cette méthode de leadership incite constamment les employés d’une entreprise à aller au-delà de leurs limites en les encourageant, entres autres, à convertir leurs intérêts personnels au profit de ceux du groupe. On y retrouve une forte influence sur les valeurs des employés et la vision de leur travail. Il y a quatre caractéristiques propres à ce type de leadership :
    • Influence idéalisée : le manager agit en fonction de ce qui lui semble juste et non en fonction de ce qui est simple ou rentable ; il s’agit d’une forme de charisme
    • Motivation stimulante : inspire et convint les employés à donner le maximum d’eux-mêmes
    • Stimulation intellectuelle : invite les employés à penser par eux-mêmes
    • Appréciation individualisée : le manager montre une sincère attention au bien-être de ses employés

On constate que cette méthode de leadership invite réellement l’employé à prendre des responsabilités, à être autonome et à se sentir important pour ses collaborateurs et son manager. C’est un premier pas vers le bonheur en entreprise car une personne qui fait ce qu’elle aime est une personne heureuse.

  • Développement basé sur les forces : cette méthode-ci est, comme indiqué, basée sur les forces de la masse salariale au détriment de toujours chercher ce qu’il ne va pas. Il s’agit de détecter les talents dans un groupe afin de les comprendre et de les mettre en valeur. Les talents peuvent être aussi bien caractérisés par des réactions spontanées, des capacités visiblement plus importantes pour l’apprentissage de telle ou telle chose ou des envies et un grand ravissement apporté par certaines missions. Ainsi, tout tourne autour de l’employé en tant que personne, on accorde de l’importance à ses idées, à ses goûts et on essaie de le pousser d’avantage vers le haut.
  • Travail en équipe : Incontournable de la cohésion et de l’interaction en entreprise, le travail en équipe est aussi considéré comme une source de bonheur. Les relations entre collègues, amicales ou strictement professionnelles, procurent quoi qu’il en soit un sentiment d’appartenance à l’employé. De plus, le travail en équipe est un bon moyen de créer son propre réseau en fonction de ses affinités et de ses intérêts mais aussi il permet d’apporter soutien et assistance aux employés et savoir que l’on est entouré de personnes sur lesquelles on peut compter apporte sérénité et bien-être.

Le bonheur en entreprise : une approche à valeur ajoutée désormais soutenue par des experts et des résultats

Désormais, le bonheur en entreprise compte des adeptes comme :

  • L’ancien professeur de la Columbia Business School, conférencier et auteur du livre Happiness at work, Srikumar Rao, rappelle que naturellement, nous dévouons notre vie entière à la poursuite du bonheur. Or à cette quête, notre plus grand obstacle serait notre sentiment d’impuissance. Pour dépasser cet obstacle, « Prendre conscience du fait que nous sommes personnellement responsables est notre meilleure arme ». Autrement dit, se remettre en question pour ne pas s’abattre, s’adapter, penser souplement pour toute nouvelle expérience.
    Finalement, pour Srikumar Rao, notamment en entreprise, le bonheur c’est se sentir responsable, acteur de notre quotidien.

  • Référence du management et professeur de la Harvard Business School, Rosabeth Moss Kanter, dans un essai dans la Harvard Business Review (https://hbr.org/2011/11/how-great-companies-think-differently), démontre que les collaborateurs impliqués dans des défis importants sont les salariés les plus heureux d’une organisation. Paradoxe ? Finalement, ces salariés qui s’engagent pour des causes (les sans-abris, la malnutrition, un projet, etc.) sont les seuls à s’épanouir au sein de leur organisation puisqu’ils s’enrichissent et enrichissent la communauté.
    Sur les principes de « Mastery », « Membership » et « Meaning » (Maîtrise, appartenance et sens), Rosabeth Moss Kanter insiste sur le fait que tout le monde peut agir à son échelle. Dans cette video, elle donne six conseils aux entreprises pour évoluer positivement : « Show up, Speak up, Look up, Team up, Never give up, Lift others up/Share success » (Montrez-vous, exprimez-vous, regarder au loin devant vous, associez-vous, n’abandonnez jamais et partagez le succès).

  •  Enfin, preuve pratique que le bonheur en entreprise, ça fonctionne : Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer de la SPF Sécurité Sociale (Belgique) est convaincue que le bonheur est profitable de façon durable sur les résultats et la performance. Malgré la notion extrêmement subjective et importante du bonheur, désormais, les chiffres démontrent que le bonheur est un facteur de prospérité puisqu’un salarié heureux est un salarié 2 fois moins malade, 6 fois moins absent, 9 fois plus loyal, 31% plus productif (3 temps pleins et 1 gratuit) et créatif à 155%.  Pour Laurence Vanhée, quantifier le bonheur c’est « mesurer la capacité que les collaborateurs ont à trouver au sein de l’organisation des éléments qui vont contribuer à leur épanouissement personnel ». L’entreprise se doit de donner à chacun les moyens de créer son bonheur grâce à une stratégie RH usant des principes de liberté et de responsabilité valable pour l’ensemble des parties prenantes d’une organisation. La problématique de la rétention des talents devient une variable d’autant plus gérable que le bonheur en entreprise est important. Enfin, la communication est un outil clé de ce développement puisqu’elle implique la confiance et la participation de chacun grâce à des méthodes de co-création.
    http://www.cwnetwork.tv/sujet/laurence-vanhee-le-bonheur-au-travail/319/sort/d/page/0

 

Barbara Anne claire, étudiants à l’ESSCA sous la coordination de Stéphane FAUVY, professeur associé en GRH à l’ESSCA.
Sources :
Articles :

      • http://www.indicedebonheur.com/fr/articlesfr/theorie-cinq-r-bonheur-travail.htm
      • http://babelon.babel31.com/etre-heureux-au-travail-les-enjeux-rh-de-demain-se-dessinent-aujourdhui/
      • http://www.economiedubonheur.com/bonheur-et-entreprise/
      • http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/formation/le-bonheur-en-entreprise-peut-il-s-apprendre_1517924.htm

Ouvrages :

    • Bande-dessinée :  Le Bonheur Au Travail ? – Regards Croisés De Dessinateurs De Presse Et D’experts Du Travail, de Sophie Prunier-Poulmaire, éditions Le Cherche Midi, 2013.
    • Essai : How Great Companies Think Differently, de Rosabeth Moss Kanter, Harvard Business Review, 2011.
    • Vidéos :
      • https://www.youtube.com/watch?v=W7B_4zGHJQg
      • https://www.youtube.com/watch?v=owU5aTNPJbs
      • http://www.cwnetwork.tv/sujet/laurence-vanhee-le-bonheur-au-travail/319/sort/d/page/0
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Auteur : Laure.P

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