Valoriser l’expérience du temps !

L’emploi des seniors : un problème dont les médias se font régulièrement l’écho. Bon nombre d’entreprises semblent en effet rechigner à embaucher et/ou conserver leurs « salariés âgés ». Quelles en sont les raisons et ces anciens ont-ils véritablement quelque chose à apporter à l’entreprise ?

Eric Godelier, dans sa publication « Pyramide des âges et gestion des ressources humaines », trouve deux raisons distinctes à ces pratiques :

  • la mise en œuvre d’un benchmark irréfléchi sur les pyramides des âges
  • l’existence de préjugés tenace

Un benchmark irréfléchi de la pyramide des âges

Premièrement, le benchmark : il consiste à reproduire les façons de faire d’entreprises jugées plus performantes. Il a conduit des entreprises, par mimétisme, à vouloir la pyramide des âges « idéale ». Au-delà de l’impossibilité de trouver un modèle idéal, Eric Godelier démontre combien cette démarche peut être dangereuse.

La pyramide des âges n’est qu’une représentation globale de la répartition d’une population en fonction de son âge. Cet outil n’apporte rien : il permet juste de prévoir de façon globale le nombre de départ en retraite .

L’existence de préjugés tenaces

Un certain nombre de préjugés sur le vieillissement amènent les dirigeants et leurs DRH à commettre des erreurs de gestion. Le vieillissement est publiquement reconnu comme étant le déclin des facultés physiques et mentales.

La plupart de gens s’accordent à situer ce déclin aux alentours de la cinquantaine, or il n’en est rien. L’allongement de la durée de la vie amène à voir non plus un vieillissement mais des vieillissements.

En effet, il y a des divergences importantes d’un individu à l’autre. De plus, de nombreuses études menées par des ergonomes, réfutent l’idée d’une diminution des capacités physiques en fin de carrière. Il apparait que « même lorsque apparaissent des détériorations, les capacités fonctionnelles se transforment et, avec elles les stratégies d’utilisation des capacités changent« .

En ce qui concerne les facultés intellectuelles, de nombreuses études prouvent que l’expérience accumulée compense et surpasse le déclin des facultés d’apprentissage.

Pour ce qui concerne les capacités d’adaptation, il semble que l’entreprise soit en grande partie responsable de cette composante. Si elle a maintenu au même poste un individu toute sa carrière, ce dernier ne sera pas enclin au changement.

Mais Eric Godelier va plus loin dans son analyse. Il souligne le fait que ces anciens sont un actif précieux et sous-estimé de l’entreprise. Ce sont les seuls à pouvoir transmettre le savoir-faire accumulé au cours de la vie de l’entreprise, si les connaissances peuvent être stockées puis remobilisé le savoir-faire est incarné par un individu « sachant-faire ».

De plus, leur expérience et leur attachement à l’entreprise en font de bons éléments : diverses études montrent que les actifs de plus de 50 ans ainsi que les jeunes retraités sont des demandeurs de travail motivés (souvent sous-estimés et sous-exploités).

Enfin, le traitement de ces « fidèles » est un message pour les jeunes. S’ils sont traités avec égards, ils représenteront un objectif, un modèle ce qui augmentera l’implication des jeunes. A l’inverse, s’ils ne sont pas correctement traités les jeunes se méfieront de l’organisation et leur implication s’en ressentira.

Il apparaît clairement que les seniors ont toute leur place au sein de l’entreprise et peuvent même représenter un actif non négligeable.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre billet « Comment favoriser la diversité des âges dans l’emploi? »

Stéphane FAUVY, professeur associé en GRH à l’ESSCA avec la contribution des étudiants du Master 1 Management (DAVEY Hannah, GRIMES Amy, LEBOEUF Clément, YON Julien)

 

Partagez cet article sur :Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+2Share on LinkedIn0
 

Auteur : Laure.P

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.